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vendredi 27 mars 2015

Cambodia My Love





C'est étrange, comme on se surprend à prendre inlassablement les mêmes clichés, lorsque l'on a l'occasion de revenir plusieurs fois au même endroit. Pour ne pas doublonner le billet de l'année passée, je résiste donc à la tentation de publier à nouveau les visages du Bayon, magiques à l'heure où le jour tombe, et l'alignement des devas (dieux) et des asuras (démons), sur les bords de la porte Sud d'Angkor Thom. En fin de journée, elle est à nouveau presque déserte, les touristes sont concentrés un peu plus au sud, agglutinés sur le Phnom Bakheng pour le pas si fameux coucher de soleil sur Angkor Wat. Entre les visages de pierre encore tiède, l'eau de la douve douve reflète les couleurs douces du soleil déclinant.




Tout au bout de la Terrasse des Eléphants, les lions veillent et les tuk-tuks attendent sagement à l'ombre, en face de la Terrasse du Roi Lépreux. Un petit passage discret aspire le visiteur dans un couloir haut et étroit, courant le long du mur intérieur de la terrasse, sculpté d'innombrables apsaras et autres nâgas.




A environ 30 km de Siem Reap, le Banteay srei, la "Citadelle des femmes", est un des plus petits temples d'Angkor. Il me plaît de croire à la légende disant qu'il aurait été édifié par une femme, ses ornements étant trop raffinés pour avoir été réalisés par des hommes... 





Avant de reprendre la route, petite pause fruitée...


...et plein d'essence.


18 km plus loin, la route mène à Kbal Spean. Au bout du sentier de 2 km dans la jungle, la rivière aux Mille lingas dévoile son lit et ses bordures rocheuses délicatement sculptés.




Un voyage au Cambodge ne serait pas complet sans un passage dans un centre de tissage de kramas (ici celui de Prolung Khmer, à deux jets de pierre des temples de Roluos).



Ne pas oublier non plus de (re)goûter à la salade de mangue,


au boeuf loc-lac, au amok,


et apprendre à réaliser une salade de fleur de bananier.


Profiter de la douceur enveloppante du soir en sirotant des mojitos au ramboutan ou à la citronnelle,


et revenir le sac à dos et la tête remplis de souvenirs.


mercredi 2 avril 2014

S-21. Regarder vers le futur mais ne pas oublier le passé

Le 17 avril 1975, les Khmers Rouges entrent dans Phnom Penh, où il sont accueillis en libérateurs par une population lasse de guerres, qui aspire enfin à la paix. Mais les visages fermés des adolescents fanatisés leur font rapidement comprendre que cet espoir est vain. Une longue nuit de presque quatre années commence. Deux millions de Cambodgiens n'en verront pas la fin.

Etrangement, c'est davantage par la lecture de livres que par les témoignages familiaux que j'ai réellement découvert et pris la mesure de ce qui s'était passé. Il y a eu aussi le film longtemps défendu, enfermé dans la bibliothèque du salon, puis les documentaires bouleversants de Roshane Saidnattar ou de Rithy Panh. Et la visite du musée Tuol Sleng en 2011. En traversant ces couloirs, la gorge serrée, on réalise que le cauchemar a été bien réel.





Je ne saurais mieux retranscrire que David Chandler ce que l'on ressent lors de la visite de l'ancien lycée qui fut transformé en centre de détention et de torture.

"A chaque visite, je suis frappé par le contraste entre ce bâtiment paisible et baigné de soleil et les horribles réalités qui y sont exposées, entre les salles de classe peintes à la chaux avec leur sol en carrelage blanc et jaune et les instruments de torture qu'elles contiennent, entre les enfants qui jouent dans la cour et les photos des enfants en route pour la mort. Les yeux des photos d'identité accrochées au mur du musée, particulièrement ceux des femmes et des enfants, semblent me suivre. Savoir, comme nous le savons aujourd'hui alors qu'eux l'ignoraient, qu'ils se dirigeaient tous vers la mort quand ces photos furent prises, introduit un trouble plus déstabilisant, en ce qui me concerne en tous cas, que les photographies des prisonniers morts ou les peintures macabres de tortures réalisées après 1979 par Vann Nath, un des survivants de la prison. 
Au cours de mes visites, des mainates sautillaient souvent le long des chemins envahis par les mauvaises herbes. Des coqs couraient aux alentours, leurs cris se mélangeant au bourdonnement de la circulation sur le boulevard Monivong à l'Est ou, pendant la saison sèche, à la musique se déversant des haut-parleurs des cérémonies de mariages bouddhistes. Dans les années 1970, les bruits hantant ce lieu étaient bien différents. Presque toutes les nuits, dans cette ville plongée dans le noir et silencieuse, les employés de la prison cantonnée sur ce boulevard entendaient les cris des détenus torturés. Tous les survivants et les employés de la prison se souviennent de ces cris de douleur dans la nuit.
Quand on visite ce musée, qu'on intègre le contenu de ses archives et qu'on écoute les survivants et les employés de la prison, on entend encore ces voix fantomatiques."

Extrait de S-21 ou Le crime impuni des Khmer Rouges, traduit de l'anglais par Alexandre Helleu. © Editions Autrement, 2007.

lundi 31 mars 2014

Quatre jours hors du temps

Les îles du Cambodge sont de petits trésors qui n'ont rien envier à leurs voisines thaïlandaises. Exempte de resorts de luxe avec golf, spas et confort moderne, Koh Rong Samloem n'est pas pour autant un repère de backpackers en recherche de Full Moon parties. Soleil, eaux cristallines, faune sous-marine dense et colorée, plages de sable fin presque désertes...Mais pour combien de temps encore ?











mardi 25 mars 2014

A côté des temples...

Siem Reap, c'est aussi les réveils sous le ciel bleu,


...des ruelles tranquilles,



...des havres de paix,


...des petits déjeuners de vacances,





...la navigation apparemment anarchique et pourtant fluide des tuk-tuks,


...les vendeurs ambulants,


...les rafraichissements locaux,


...les couleurs bariolées du marché,


...l'irremplaçable poivre de Kampot,



...les cours de cuisine au Tigre de Papier,


...le pumpkin custard,


...les crevettes sautées, la salade de mangue verte, le boeuf Loc-Lac, le amok, les curries et autres soupes,



...et la grâce des danseuses qui a traversé les siècles.